XV de France : Serge Blanco verse dans le pessimisme

Ne cachant pas ses critiques envers le staff et les joueurs du XV de France, Serge Blanco a confié ne pas être optimiste pour la prochaine Coupe du Monde.

Serge Blanco n’est pas prêt à miser sur le XV de France ? A une semaine de l’ouverture de la Coupe du Monde, avec l’Argentine comme premier adversaire des Bleus, l’ancien arrière international s’est longuement confié dans un entretien au quotidien Le Parisien et a donné, avec une certaine franchise, son opinion sur l’équipe menée par Jacques Brunel et Fabien Galthié au Japon. Et, justement, le staff du XV de France, aux yeux de Serge Blanco, n’offre aucune perspective quand il met en perspective sa génération et celle qui va défendre les couleurs françaises au Japon. « Nous, en 1987, on avait un grand sélectionneur, c’était Jacques Fouroux. Il était le chef d’orchestre. Depuis… C’est comme pour les joueurs, il va falloir attendre une nouvelle génération, assure l’ancien Biarrot, un rien défaitiste quant à l’avenir à moyen terme des Bleus. Il y en a d’intéressants aujourd’hui, mais pas à tous les postes. En deuxième-ligne par exemple, nous ne sommes pas au niveau des grandes nations, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud. »

Blanco : « Personne n’ose prendre d’initiative »

S’il assure que, sur le terrain, un joueur comme Antoine Dupont pourrait être la clé du renouveau du XV de France, Serge Blanco observe que les entraîneurs ont pris le pas sur les joueurs au niveau de l’influence. « Nous sommes entrés dans une ère où les plus grandes vedettes du rugby sont les entraîneurs. Quel est le joueur qui réfléchit aujourd’hui ? Personne n’ose prendre d’initiative, tonne celui qui était considéré comme le meilleur joueur du monde dans les années 1980, assurant que le XV de France manque de relais sur le terrain, et principalement dans les lignes d’avants. C’est comme si les entraîneurs jouaient à la console. Nous sommes admiratifs de gestes qui viennent d’une autre planète, mais le geste juste, qu’il faut faire avec application, on l’oublie. » Une critique à peine voilée à l’encontre tant de la formation au sein des clubs français que du travail du staff du XV de France, remodelé en vue de la Coupe du Monde et de la transition vers celui qui guidera le rugby français vers le prochain Mondial, organisé en France.

Blanco : « Ne faisons pas de fixette sur l’Argentine »

Alors que le XV de France est passé près du titre mondial en 1987, 1999 puis en 2011, Serge Blanco ne cache pas que l’absence d’une Coupe Webb Ellis au palmarès des Bleus est un problème à ses yeux. « C’est un manque. On en a trop besoin, assure l’ancien président de la LNR, qui espère qu’une telle victoire relancerait le ballon ovale dans l’Hexagone. Si une équipe de France est championne du monde, cela remotivera tout le monde, les jeunes, les parents, les clubs… Cela remettra du gaz et le rugby français pourra redevenir ce qu’il était en termes d’image. » Mais, avant de rêver à soulever le trophée à Yokohama le 2 novembre prochain, les Bleus lanceront leur tournoi face à l’Argentine. Une rencontre importante mais qui ne doit pas être considérée comme cruciale pour Serge Blanco. « Attention, ne faisons pas de fixette sur ce match, alerte ce dernier. Je crois que l’on peut battre les Argentins mais nous sommes Français, Latins, et nous sommes capables de passer à côté d’autres matchs si on ne pense qu’à l’Argentine. » Sans aucun doute que l’ancien international a en tête la défaite surprise face aux Tonga en 2011, quelques semaines avant une finale contre la Nouvelle-Zélande.

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