Corinne Diacre : « Si on peut faire peur, pourvu que ça dure »

Forcément satisfaite de la démonstration de force de l’équipe de France contre la Corée du Sud vendredi en ouverture de la Coupe du Monde féminine (4-0), Corinne Diacre a même confessé être surprise de l’ampleur du score. La sélectionneure des Bleues, qui ne s’enflamme pas, ne veut toutefois pas se projeter trop loin dans la compétition.



DE NOTRE ENVOYE SPECIAL AU PARC DES PRINCES

Corinne Diacre, quelle analyse faites-vous du large succès des Bleues contre la Corée du Sud vendredi (4-0) ?

On a fait une bonne entame de match. on a pris les choses par le bon bout et on s’est rendues la tâche facile en marquant rapidement. On ne s’est pas démobilisées après le but refusé. On a continué à jouer. L’important, c’était de mettre un deuxième but avant la pause. On s’est rendues les choses simples avant la mi-temps.

Comment avez-vous réussi à transmettre de goût du défi à vos joueuses ?

Elles l’avaient en elles. On a beaucoup travaillé, elles ont beaucoup souffert durant cette préparation. Ça fait un moment qu’on met les choses en place, j’ai eu ce luxe de pouvoir faire ce que j’avais envie avec ce groupe et l’amener là où je voulais. Il nous reste six autres étapes pour aller au bout de notre ambition. Il faut qu’on reste les pieds sur terre et qu’on continue à travailler.

Valérie Gauvin a expliqué en zone mixte que sa non-titularisation était due à des retards. Qu’en est-il ?

Si elle estimait que c’était à cause de ses retards, pas pour moi, c’était un choix tactique. On estimait qu’il fallait mettre de la vitesse dans l’axe pour déstabiliser cette défense. On ne s’attendait pas à un bloc sud-coréen si bas et on n’a pas eu la profondeur souhaitée. Par contre, Valérie Gauvin a fait une très bonne entrée, de ce côté il n’y a pas de souci.

Diacre : « Nous aussi, on aimerait bien copier les garçons »


Avez-vous été rassurée par l’état de vos joueuses qui étaient incertaines avant le match ?

Je n’étais pas inquiète. On est en ordre de marche. On sait que les Lyonnaises ont eu une saison longue, mais très aboutie, donc les têtes vont bien, même si les corps sont un peu fatiguées. Elles ont montré un beau visage ce soir, comme toute l’équipe. Il faudra le faire sur la durée, mais on a travaillé dans ce sens. On est sereins avec le staff. On sait où on veut les emmener.

Comment avez-vous apprécié l’avant-match et surtout la Marseillaise ?

Je me suis refusée toute émotion ce soir, ce sera pour plus tard. Il fallait être dans la compétition. Je me suis préparée comme une joueuse. J’espère qu’il n’y aura de la place pour les émotions que le plus tard possible.

La France attend que vous imitiez les garçons en gagnant vous aussi la Coupe du Monde. Etait-ce idéal d’entrer ainsi dans le tournoi pour répondre aux attentes ?

C’est toujours difficile d’entrer dans une compétition comme une Coupe du Monde. C’est toujours mieux de bien démarrer. On y a mis la manière ce soir, on s’est rendues le match facile. On a vu une équipe de France très concentrée dès le début du match. Nous aussi, on aimerait bien copier les garçons. Maintenant chaque chose en son temps. On a gagné ce soir, mais on n’a rien gagné. Il nous reste six marches à franchir, ensuite on verra. La priorité, c’est le deuxième match à venir contre la Norvège.

Diacre : « Je ne pensais pas qu’il y aurait un tel écart »


Avez-vous découvert des choses sur votre équipe avec cette première rencontre ?

Je connais parfaitement mon équipe, ses points forts et ses petites faiblesses. C’est un groupe qui vit bien. Je n’étais pas inquiète mentalement, même si je n’avais pas d’emprise sur les gestion individuelle des émotions. On a su faire ce que ce match soit exceptionnel sans le rendre difficile à vivre. On a essayé de remettre les choses à leur place, ce n’est que du football. Le mot d’ordre, c’était de se faire plaisir. Quand on fait les choses avec passion, elles se passent bien derrière. Ça a souri, ça démarre bien et on est déjà concentrées sur le match à venir.

Quels enseignements pouvez-vous tirer d’une telle démonstration de force ?

Plein d’enseignements. C’est toujours difficile de démarrer une compétition en jouant le match d’ouverture. Si on m’avait dit ça, j’aurais signé tout de suite. Sincèrement, je ne pensais pas qu’il y aurait un tel écart, la Corée du Sud est une très belle équipe. A contrario de nous, elle a mis du temps à entrer dans son match, elle a moins bien géré lé côté émotionnel. Mais je pense qu’elle va faire souffrir la Norvège et le Nigeria.

Avez-vous le sentiment d’avoir marqué les esprits de vos futurs adversaires ?

C’est difficile à dire. Quand les autres nations parlent de nous, elles nous positionnent en favorites parce qu’on est le pays-hôte. Si on peut faire peur à ces équipes, pourvu que ça dure.

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